04.02.2010

Point de croc de boucher, un oriflamme suffit. Le commando Action discrète, de Canal Plus, a rendu hommage à Dominique de Villepin en suspendant son portrait sur la façade de l'UMP ce jeudi matin.

action_discrete_home.jpgPoint de croc de boucher, un oriflamme suffit. Le commando Action discrète, de Canal Plus, a rendu hommage à Dominique de Villepin en suspendant son portrait sur la façade de l'UMP ce jeudi matin. 

Le portrait de Villepin accroché sur la façade de l’UMP par Action discrète (Les Inrocks)

 

Jeudi 04 février 2010

A huit heures trente le 4 février, les rigolos d’Action discrète ont fait irruption devant le siège de l’UMP à bord d’un camion à nacelle. Au nez et à la barbe de la sécurité, restée les bras ballants, ils ont accroché un drapeau orné du portrait de Dominique de Villepin sur la façade.

En dix minutes à peine, Action discrète coiffé de charmants bérets rouges avait dégainé le portrait géant, fièrement hissé sur le siège du parti présidentiel. Les joyeux drilles ont ensuite alerté les badauds en chantant leur hymne : « L’ordre des chevaliers à col roulé, en mocassins et velours cotelé. Nous faisons allégeance pour porter ta vengeance ».

Le commando a même eu le temps d’entonner une petite gavotte, avant de disparaître en sautillant. L’ex-Premier ministre a aussitôt été décroché par un Monsieur sécurité en colère (…).

« Nous sommes des chevaliers villepinistes, des aristocrates« , explique Sébastien Thoen, d’Action discrète. « Nous sommes scandalisés par ce qui arrive à Dominique. Le vrai seigneur, c’est lui. Nicolas Sarkozy n’est qu’un félon. » Le commando a déjà témoigné de son dévouement à Dominique de Villepin devant l’Elysée le 3 février, en demandant au garde de déloger l’imposteur qui y règne. Une demande qui n’a pas été satisfaite. « On va sauver la France », espèrent-ils toutefois.


Source: Les Inrocks, Camille Polloni, 04/02/10

 

03.02.2010

La campagne de 2012 de Villepin portée par sa nouvelle popularité


Il parlait de la banlieue il y a quinze jours à Bondy, de l’Afghanistan lundi à Sciences Po et s’exprimera sur l’agriculture le 15 février en Bretagne : Dominique de Villepin est entré en campagne pour 2012, porté par une nouvelle popularité après le jugement de l’affaire Clearstream.

« Je tourne la page (de Clearstream), je l’ai dit, je le ferai », a dit vendredi l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac sur Canal+. « Je veux aller à la rencontre des Français. J’entends rassembler tous ceux qui veulent proposer une alternative ».

La période de réserve observée jusqu’au jugement de l’affaire Clearstream est terminée. Ses proches l’assurent, Dominique de Villepin sera désormais bien présent sur la scène politique.

« Dès la fin des régionales, on va essayer d’avoir deux ou trois déplacements par mois», affirme à l’AFP Brigitte Girardin, présidente du Club Villepin, «on s’est fixé l’année 2010 pour être en mesure d’avoir des propositions précises sur tous les sujets qui sont les préoccupations des Français ».

Ce « club politique » a doublé en quelques jours le nombre de ses soutiens, passant de 7.500 à 15.000 adhérents, affirme-t-elle. Et ce n’est pas fini, se réjouit sa présidente : « on a actuellement une adhésion par minute ».

Cette nouvelle popularité est accréditée par deux récents sondages selon lesquels près d’un Français sur deux souhaite que Villepin soit candidat à la présidentielle de 2012 (48% selon l’Ifop, 49% selon BVA).

(…) En octobre, il recueillait 8 % des intentions de vote pour 2012 (Ifop).

L’homme, mondialement célèbre pour avoir dit non à la guerre en Irak à l’ONU le 14 février 2003, a de nouveau plaidé pour que la France montre l’exemple, cette fois en Afghanistan, en engageant le retrait de ses troupes.

« Ce qui me gène dans la diplomatie française, c’est son manque d’initiative », a lancé Villepin qui avait déjà condamné le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’Otan.

(…) « Sur la politique intérieure, c’est sur les volets social et fiscal que la différence se fait », [dit à l'AFP le député villepiniste Georges Tron], rappelant l’opposition de son mentor au bouclier fiscal.

«Il est plus adossé à un système d’intervention de l’Etat que Sarkozy», précise Georges Tron pour qui Villepin est « également beaucoup plus volontariste en matière de politique industrielle ».

«On voit bien ses angles de campagne», explique le politologue Brice Teinturier : «apparaître plus réformateur que Nicolas Sarkozy, développer une France apaisée et unie, une thématique d’inspiration gaulliste».

Il doit «exercer un rôle d’aiguillon, de critique mais au nom même des valeurs de sa famille, apparaître plus légitimiste que le roi lui-même. Il doit éviter d’être perçu comme le traître», affirme l’expert de la Sofres selon qui «il y a clairement des différences en terme de tempérament et de posture».

Pour Frédéric Dabi (Ifop), Dominique de Villepin a « un espace au centre droit » laissé vacant par l’UMP et pourrait en même temps être soutenu par les gaullistes historiques.

Villepin, de son côté, se veut différent : « Je ne suis pas un homme politique traditionnel, je n’ai pas l’esprit partisan. Ceux que je veux rassembler, c’est ceux qui défendent le même idéal ».


Source: L’Alsace, 02/02/10

 

02.02.2010

Villepin appelle la France à engager un processus de retrait d'Afghanistan

ALeqM5hrPUAwu53DhkqGg2_4-6mAvG6flQ.jpgPARIS — L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a souhaité lundi à Paris que la France prenne l'initiative d'engager un processus de retrait "maîtrisé, énergique et volontaire" de ses troupes en Afghanistan.

"L'intervention militaire en Afghanistan est aujourd'hui le problème. Ma conviction est qu'elle cristallise un certain nombre d'oppositions. On a aggravé le mal", a dit M. de Villepin lors d'un débat à SciencesPo sur le "rôle des puissances occidentales en Afghanistan organisé par l'association étudiante "Jeune République".

"Il faut revoir cette intervention et marquer les esprits des Afghans en posant que notre intervention n'est pas liée à une volonté d'occupation", a poursuivi l'ancien premier ministre de Jacques Chirac selon qui "il n'existe pas trente-six solutions"

"La condition absolue pour être efficace en Afghanistan, c'est d'engager un processus de retrait maîtrisé, énergique, volontaire", a-t-il affirmé.

"Ma conviction que c'est à la France de porter cette exigence de retrait, c'est à la France à marquer les esprits", a-t-il ajouté.

Pour Dominique de Villepin, "ce retrait militaire" devra s'accompagner d'une présence économique, d'une coopération en matière militaire et sociale". Cela veut dire "convertir le nombre de soldats en autant de coopérants, autant d'investissements dans le domaine économique et social".

"Il s'agit de faire basculer une présence militaire incomprise et de la transformer en un investissement au côté de l'Afghanistan", a-t-il ajouté.

Pour M. de Villepin l'annonce d'un départ programmé des troupes pourrait conduire le président Hamid Karzaï a "modifier sa politique, avec l'exigence d'une homme qui sait qu'il risque sa vie".

"Si le gouvernement karzaï sait qu'il doit pleinement assumer ses responsabilités, sa politique sera alors une vraie politique d'ouverture et de réconciliation", a-t-il fait valoir estimant que sa politique actuelle "d'acheter les Talibans" ne correspondait "ni à l'efficacité, ni à la morale".

"Le deuxième intérêt d'un calendrier effectif de départ, c'est qu'il met sur la sellette tous les états voisins. Il les place eux aussi face à leur responsabilité. Et, ni l'Iran, ni l'Inde, ni la Russie ni le Pakistan n'ont intérêt à un chaos en Afghanistan", a ajouté M. de Villepin.

"Ce qui me gène dans la diplomatie française, c'est son manque d'initiative, cette incapacité à inverser une situation où nous sommes entraînés à perdre nos soldats, sans savoir où nous allons", a-t-il dit.

"Oui, nous avons vocation à donner l'exemple, par rapport à la communauté internationale, à faire ce que les américains ne peuvent pas faire aujourd'hui", a-t-il conclu.

Source: AFP