13.05.2008

Alerte info - Coup de théâtre à l'Assemblée : le projet de loi OGM rejeté

A la surprise générale, l'Assemblée nationale a rejeté mardi le projet de loi controversé sur les OGM, après l'adoption d'une motion de procédure communiste par 136 voix contre 135.

Contre toute attente, la question préalable, deuxième motion défendue par la gauche, a été adoptée par l'Assemblée lors d'un scrutin public. Sur 273 votants et 271 suffrages exprimés, la motion a obtenu 136 voix contre 135.

"Le texte est rejeté. Prochaine séance mercredi après-midi", a déclaré dans un large sourire la présidente de séance, Catherine Génisson (PS).

Dès l'annonce du rejet du texte, des clameurs se sont fait entendre aux abords du Palais-Bourbon où manifestaient des anti-OGM.

Le dernier texte en date rejeté par l'Assemblée via une motion de procédure remonte à celui sur le PACS.

Greenpeace s'est déclaré "heureux" que le projet de loi sur les OGM ait été rejeté, estimant qu'il était une "porte ouverte à la contamination génétique".

"C'était un projet de loi qui ne garantissait pas la perennité des choix sans OGM: de ce point de vue, on ne peut qu'être heureux qu'il ait été rejeté", a déclaré à l'AFP Arnaud Apoteker, de Greenpeace.

"Ce texte ne définissait pas ce qu'est le sans OGM: c'était la porte ouverte à une contamination génétique. Nous sommes contents qu'une loi de légalisation de la contamination génétique n'ait pas été adoptée", a-t-il commenté.

"Nous n'avons plus de projet de loi: il faut en réécrire un autre", a-t-il ajouté.

"Nous aurions préféré une vraie loi de protection" des consommateurs et des producteurs, "il faut espérer que l'ouvrage va être remis sur le métier", a-t-il ajouté.

08.05.2008

Intervention de l’ancien Premier ministre à l’Université Paris-Dauphine,mardi 6 mai 2008

L’ancien Premier ministre était l’invité des étudiants de l’université Paris-Dauphine, mardi 6 mai 2008. France Démocrate y était ! http://www.francedemocrate.

1747650825.jpgEtonnant Dominique de Villepin ! Mardi 6 mai 2008, jour anniversaire de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République (la date n’avait pas été choisie au hasard par les étudiants de Paris-Dauphine), l’ancien Premier ministre n’a pas ménagé sa peine pour dire tout le mal qu’il pensait de la politique générale menée par l’actuel chef de l’Etat et son gouvernement. Même en usant de formes polies, Dominique de Villepin a martelé des convictions qu’on lui connaissait, mais aussi et surtout il a défendu des thèmes proches, voire identiques à ceux de François Bayrou. On avait déjà relevé des similitudes entre les deux hommes [1] ; or, à la suite de ce débat, force est de constater qu’entre eux, les points de convergence sur le plan politique n’ont fait que se renforcer : indépendance des médias, refus de faire entrer la France dans l’OTAN, ouverture politique sur la base des idées et non des trahisons, etc.

Les relations internationales

Dès son entrée dans la salle "Raymond Aron" de l’Université Paris-Dauphine, Dominique de Villepin donne le ton de son intervention. Remerciant d’avoir été invité, l’ancien Premier ministre rappelle que cette salle où il s’exprime avait été naguère une salle de l’OTAN ; il fait le voeu que celle-ci restera la salle "Raymond Aron" et ne redevienne pas ce qu’elle avait été autrefois. La centaine d’étudiants présents sont conquis dès le départ et applaudissent cette charge en faveur de l’indépendance de la France.

Pour Dominique de Villepin, l’OTAN est un outil totalement américain ; la France, si elle rejoint l’OTAN, n’y gagnera que "quelques étoiles" pour un ou deux officiers qui feront plaisir aux Américains. La France perdra surtout sa crédibilité à travers le monde. L’ancien Premier ministre prône une diplomatie française audacieuse et indépendante, qui se veut "l’interprète des pays sans voix" comme elle l’a toujours été en s’ouvrant depuis 1945 aux pays de l’est, du sud et de l’Afrique. Il note également que depuis qu’il est entré en diplomatie en 1981, les rapports Nord-Sud se sont progressivement dégradés pour ne plus aujourd’hui exister. Or le monde a changé, le "logo Sud" a du succès et la France doit basculer dans ce nouveau monde d’où émergent de nouveaux acteurs.

Il rappelle aussi que la France a empêché en 2003 que les Etats-Unis usent de la force militaire avec l’aval des Nations unies. Tout en raillant la fausseté de la politique "concrète" des réalistes, il promeut un multilatéralisme efficace, fait d’imagination et d’audace, pour une meilleure gouvernance mondiale. La France doit selon lui repenser totalement sa coopération à l’égard de l’Afrique, "réservoir d’humanité et de sagesse ancestrales" pour le monde. Quand à la Chine, il faut que les esprits soient apaisés avant de lancer les Jeux Olympiques. Les Chinois doivent donc faire des gestes importants pour la paix, sinon "les sportifs, les spectateurs et les annonceurs" troubleront légitimement les jeux chinois.

Enfin, Dominique de Villepin juge mal parti le projet "d’Union Méditerranéenne" de Nicolas Sarkozy, car rien n’a été fait au préalable pour donner aux pays méditerranéens "l’envie de vivre ensemble". L’ancien diplomate relève trois crises prioritaires à régler avant de lancer tout projet d’union régionale : le Sahara occidental, Chypre et le conflit israélo-palestinien. La diplomatie française doit régler ces crises avec des solutions et beaucoup de "volonté politique".

 L’Europe

On prête à Dominique de Villepin des intentions de se présenter aux élections européennes de 2009. L’ancien Premier ministre ne répond pas à cela, mais préfère donner sa vision de l’Europe. Employant un ton de quasi-colère, il déplore une Europe invisible face aux crises internationales. Il refuse que celle-ci en vienne "à s’excuser d’exister" et à chercher "le parapluie de l’OTAN." Dominique de Villepin veut un président de l’Union européenne élu au suffrage universel direct, cela par tous les citoyens européens. Seul un président élu pourrait imposer une unité au niveau de la diplomatie européenne et crédibilisé ainsi la voix de l’Europe face aux événements mondiaux. En résumé, "un président européen pour faire parler une conscience européenne."

Les primaires démocrates aux Etats-Unis

Dominique de Villepin regrette que les deux candidats aux primaires démocrates "s’épuisent dans un jeu de quilles" et que cela fasse le jeu du candidat républicain. Mais dans un monde multipolaire dans lequel émergent des pays du sud, la victoire d’un "Noir américain" (Barack Obama) serait "un signe audacieux et formidable" pour les Etats-Unis et le monde entier.

 Les réformes

Dominique de Villepin estime que l’action politique ne se légitime pas à coups de sondages, mais par des résultats positifs pour le pays. Or, un an après l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, ce n’est pas le cas. Réformes brouillonnes, cafouillage gouvernementale, multiplication d’annonces de réformes tous azimut... L’ancien Premier ministre revient sur les 15 milliards d’euros débloqués en faveur des revenus aisés : un investissement digne du "Monopoly" où l’on a plutôt mis l’argent dans "la rue de la Paix" au lieu d’en mettre ailleurs là où il le fallait.

Dominique de Villepin souhaite que le gouvernement ne lance pas "55 réformes en même temps", au risque de faire "55 millions de mécontents". Il propose 3 ou 4 grandes réformes vitales pour le pays et faites dans un esprit de rassemblement des Français et de leurs élus. A l’inverse de François Bayrou, Dominique de Villepin n’attache pas d’importance ou d’urgence à la réforme des institutions. D’après lui, les réformes économiques et sociales sont primordiales.

D’après lui encore, des réformes sans résultats entameront la crédibilité démocratique, soulèvera encore plus la méfiance et fera le lit du populisme.

 Le pouvoir d’achat

Dominique de Villepin estime qu’il y a eu un "malentendu" sur cette question : on a trop promis aux Français et ils sont devenus logiquement impatients. Comme François Bayrou qui ne souhaitait pas formuler monts et merveilles aux Français durant la présidentielle de 2007, l’ancien Premier ministre affirme que les promesses du type pouvoir d’achat auraient dû être minimisées au profit de la mise en place de réformes justes et nécessaires. Au final, si François Bayou estime aujourd’hui "qu’on a pris les Français pour des gogos", Dominique de Villepin n’est pas loin de rejoindre son analyse.

- L’échec du CPE

Mea culpa de Dominique de Villepin sur cette réforme avortée. Il tire des leçons de ce cuisant souvenir. Néanmoins, il estime que sa démarche revenait à proposer un gain d’expérience pour les jeunes avant leur entrée sur le marché du travail. Le CPE avait cette vocation à les aider dans leur insertion. Dominique de Villepin préférait ainsi, à l’époque, donner trois offres d’emploi par jour aux jeunes plutôt que de ne rien leur proposer. Dominique de Villepin regrette-t-il au fond vraiment l’initiative du CPE ?

- L’ouverture politique

Chez Dominique de Villepin, la méthode pour mener de bonnes réformes passe obligatoirement par "le rassemblement". Néanmoins, le rassemblement s’entend par cette union nationale des bonnes volontés et des idées comme le proposait François Bayrou durant la campagne présidentielle. L’ancien Premier ministre dénie cette ouverture politique à Nicolas Sarkozy : ce dernier a débauché inutilement des personnalités de gauche qui se sont ainsi reniées.

En même temps, l’ancien Premier ministre revendique sa liberté de critiquer, trouvant bien volontiers de "l’empathie" avec des personnalités de gauche comme Dominique Strauss-Kahn ou Manuel Valls (les questions posées ont bizarrement éludé le rapprochement Villepin-Bayrou au profit d’un rapport Villepin-Parti socialiste !). Dominique de Villepin regrette ainsi que "l’esprit des partis" obnubile les élus de l’UMP, qui finissent par développer une idéologie stérile et alignée sur la pensée du chef de l’Etat. Un "esprit de cour" que se plaît à dénoncer l’ancien Premier ministre.

- Les médias

Dominique de Villepin attaque avec vigueur les médias français. Rebondissant sur l’illusion des promesses concernant le pouvoir d’achat, l’ancien Premier ministre estime que "la campagne présidentielle a été capturée par les médias" qui "avaient clairement fait le choix d’un candidat", ici Nicolas Sarkozy. Dominique de Villepin déplore ainsi que ces médias soient "aux mains des industriels" et ne souhaite plus qu’on lise "les unes des journaux comme on lit des bulletins officiels." Dénonçant avec véhémence cette collusion des médias avec les puissances de l’argent, comme le fit également François Bayrou durant la campagne présidentielle, Dominique de Villepin compare la mainmise des médias français par le pouvoir politique à celle de l’administration Bush sur les médias américains durant l’invasion de l’Irak en 2003.

A ce titre, Dominique de Villepin invite les journalistes à mieux fouiller sur ce qui se cache derrière des formules qui relèvent de la communication présidentielle : la fameuse "transparence" de Nicolas Sarkozy n’est rien de plus "qu’un maquillage de quelque chose", lance-t-il à la salle. Pour lui, la presse écrite reste pauvre et ne fait que répéter ce que lui dit le pouvoir. En conséquence, il ne s’étonne pas de la voir en crise, mais regrette que l’éducation du citoyen, l’esprit civique et démocratique pâtissent des collusions des médias et de leur médiocrité générale.

- La définition de la politique

L’ancien Premier ministre estime que la politique, "c’est le lieu et le moyen d’accompagner un peuple pour le destin qu’il s’est choisi." Et en faisant de la politique, on doit continuellement se questionner pour ce destin. L’histoire n’est jamais écrite à l’avance et l’homme politique doit veiller à tirer les leçons des expériences passées. Gouverner un pays, un peuple ne relève donc pas d’une présidence personnalisée, mais avant tout "d’une écriture collective" de l’histoire.

Dominique de Villepin constate ainsi que les dirigeants actuels ne se posent pas suffisamment de questions, ne tirent pas les leçons du passé et demeurent dans un aveuglement dangereux pour le pays. Critiquant directement Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin juge que cet aveuglement est inévitable si "l’on aime vivre dans les palais nationaux, en se roulant dans la soie."

En conclusion, Dominique de Villepin relève que les Français sont des "conquérants", présents partout dans le monde. Mais paradoxalement, ces mêmes Français ont peur du monde et se replient trop souvent sur leur pré carré. Il invite donc les jeunes, les étudiants à partir découvrir ce monde, cette planète qui évolue et qui bouge pour qu’ils s’enrichissent et en reviennent grandis pour le bien de leur pays.

OG

(Photo de l’auteur)

 

[1] voir l’article sur France

03.05.2008

Dauphine Discussion Débat invite Dominique de Villepin à Dauphine mardi 6 mai à 17h15.

492988681.jpgL’organisation de débats politiques est le cœur de notre association. Il s’agit de rendez-vous mensuels entre les étudiants et une personnalité politique qui se déroulent dans un amphithéâtre après les cours. C’est un moment privilégié donné aux étudiants pour comprendre les enjeux politiques, interroger les décideurs sur leur choix.

  

Notre but est de permettre aux étudiants de se réattribuer la politique, de leur donner  l’opportunité de prendre part aux débats d’idées en offrant la possibilité d’interpeller la personnalité sur les points qui leurs tiennent à cœur et ainsi de réduire la distance entre les dauphinois et les politiques

Au fond, nous souhaitons ainsi réduire l’abstention estudiantine en leurs donnant toutes les clés pour devenir des citoyens accomplis.

Toutes les rencontres adoptent le format suivant :
        
· 5 min Présentation du parcours de l'invité

         · 45 min Interview sur des thèmes prédéfinis avec questions du public

         · 40 min Questions libres du public

 

Les Débats sont accessibles à tous les étudiants, qu'ils soient de l'Université Paris-Dauphine ou d’ailleurs.

http://www.dauphinedebat.com/index_fichiers/debat.htm


Par mesure de sécurité, une pièce d'identité pourra être demandée à l'entrée de la salle.

Association Dauphine Discussion Débat

Université Paris Dauphine
Place du Maréchal de Lattre de Tassigny
75775 Paris Cedex 16

salle: Raymond Aron

Métro: Porte Dauphine ligne 2