10.08.2008
Mahmoud Darwich est mort, du coeur
Enfante-moi… enfante-moi (Lidinni),
pour que je sache en quelle terre je mourrai (Amoutou)
et en quelle terre je ressusciterai (Aeia).
(Salamoun) Paix sur toi qui prépare le feu
du matin (Sabahi), paix sur toi, paix sur toi
(Anahali) N’est-il pas venu le temps de t’offrir
quelque présent, le temps de revenir à toi ?
LA TERRE COMME PREMIÈRE MÈRE
Rien qu’une autre année, de Mahmoud Darwich, constitue la réédition d’une anthologie personnelle parue une première fois en 1983 et qui puise dans seize années d’écriture poétique (1966-1982).
Ce poète qui avait dit : “Je n’aime pas les fleurs en plastique” a consacré toute son écriture sur son pays, sa terre et ses racines, la Palestine.
Les premiers poèmes de Mahmoud Darwich font entendre un lyrisme amoureux dans lequel l’attachement au pays natal et l’expression du sentiment amoureux tendent à se confondre. La part des éléments naturels est alors décisive. Symbole de la patrie, la terre est célébrée comme la “première mère”.
Elle constitue aussi la recherche et l’affirmation, par la poésie, de sa propre existence physique. Pose dans ces premiers textes une dimension sensorielle dont elle ne s’écartera pas. Par la suite, l’engagement politique apparaît plus net.
L’écriture à la fois se dramatise et se leste d’un rapport plus complexe aux mythes et aux symboles. Enfin, dans sa période la plus mûre, cette écriture tend vers une ouverture. On assiste à une montée en puissance, en efficacité et en simplicité.
La voix trouve les mots les plus nus et emprunte aux objets les plus familiers. pour dire sa colère ou sa fidélité. : “Nous les chasserons du pot de fleur et de la corde à linge”, “Ma vie appartient aux mains qui me préparent mon café le matin”.
Elle illustre ainsi parfaitement ce mot de Darwich selon lequel “notre problème littéraire permanent, à nous, Palestiniens, est que nous sommes condamnés à être les enfants du moment immédiat…” Parole réplique à une douleur et la creuse.
Celle de l’exil. Qu’est-ce qu’être palestinien, sinon connaître l’exil sur sa propre terre, vivre chez soi comme un réfugié. Darwich est celui qui vient “d’un pays dépourvu de pays”. D’où une réflexion aiguë sur l’étrangeté et l’altérité.
Qu’il soit social, familial, amoureux, l’exil est le thème dominant, celui qui appelle la poésie et auquel celle-ci doit répondre. L’exil définit pour Darwich la situation humaine fondamentale Dans une langue rythmée et rimée, le galiléen Darwich dialogue avec le vers libre dans une métrique classique.
Cette poésie évolue sur plusieurs registres : le lyrisme épique donnant lieu à des textes où s’entre-tissent une temporalité et une thématique complexe, la notation brusque sur le modèle du journal ou de la caméra, le chant lyrique.
Y dialoguent les dimensions du récit, du dialogue dramatique et de la fable. Volontiers, cette poésie interpelle. Sur le mode de l’injonction : “Souviens-toi de moi avant que je n’oublie mes mains.” De la bénédiction : “Heureux celui qui peut faire avorter le feu dans la foudre” De la prière : “Pitié pour les ouvriers de l’imprimerie, Pour les murs qui veulent de l’herbe, Pour les écrivains dans les notices nécrologiques, Pitié pour un peuple auquel nous avons promis l’accès à la rose par la porte des cendres amères”.
Du dialogue : “- Meurs-tu souvent ? - Et je ressuscite souvent. J’attrape mon ombre comme une pomme mûre”. Ou plus généralement sur le mode de l’adresse : “Mes amis, ne mourez pas avant de présenter vos excuses à une rose que vous n’avez pas encore vue, A un pays que vous n’avez pas visité, A une jouissance que vous n’avez pas atteinte, A des femmes qui ne vous ont pas passé au cou l’icône de la mer et le tatouage du minaret”.
On est frappé par la puissance de feu de ce lyrisme qui ose des comparaisons et trouve des formules saisissantes : “Il ont vendu mon sang comme de la soupe en boîte”, “L’odeur du café est une géographie”, “les oiseaux sont le prolongement du matin”, “le fleuve est l’épingle à cheveux d’une dame qui se suicide.” En réponse à ceux qui font de lui le poète de la cause palestinienne, Darwich répète au fil de ses entretiens combien la dimension politique se veut “discrète, implicite, non proclamée” dans sa poésie.
Il réaffirme que ” le poète n’est pas tenu de fournir un programme politique à son lecteur.” La force de la poésie tient plutôt à son “extrême fragilité”. Sans doute la scène poétique est-elle la scène même de l’Histoire, mais telle que s’y côtoient les éléments les plus divers et que les ennemis s’y transforment, selon le mot de Char, en “loyaux adversaires”.
Si le poète est attentif à l’Histoire, il garde également le regard braqué sur l’initial afin d’en conserver la mémoire. Il fait se télescoper l’intime et le collectif, l’amour d’une femme et celui d’une terre, l’expression du désir de vivre et celle du combat politique.
Le propre du travail du poète est ainsi de donner à la Palestine une identité en multipliant les images qui étoilent sa présence : femme ou terre, elle prend corps à travers le double processus lyrique de la figuration et de la célébration.
Elle se conjoint, s’allégorise, se distribue en éléments nombreux et reconstitue ainsi son paysage. L’imaginaire sauve ce que l’Histoire brise. Mahmoud Darwich affirme une conception ouverte de l’arabité, non comme identité repliée sur elle-même, mais perçue à travers la langue même comme pluralisme.
Il dialogue dans ses textes avec l’ensemble des cultures(cananéenne, hébraïque, grecque, romaine, persane, égyptienne, arabe, ottomane, anglaise et française) qui se sont succédé sur la terre de Palestine. Et c’est bien ici la voix même qui constitue la véritable inscription territoriale.
Si donc Mahmoud Darwich est poète palestinien, c’est à la fois parce qu’il prête voix à son peuple, mais aussi parce que la Palestine tend à devenir elle-même une métaphore de la condition humaine.
poème, écrit en 1964, est devenu comme un refrain magique enflammant les coeurs et déchaînant les sentiments de fierté et d’enthousiasme des Palestiniens.
Inscris !
Je suis Arabe
Le numéro de ma carte : cinquante mille
Nombre d’enfants : huit
Et le neuvième… arrivera après l’été !
Et te voilà furieux !
Inscris !
Je suis Arabe
Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine
Et j’ai huit bambins
Leur galette de pain
Les vêtements, leur cahier d’écolier
Je les tire des rochers…
Oh ! je n’irai pas quémander l’aumône à ta porte
Je ne me fais pas tout petit au porche de ton palais
Et te voilà furieux !
Inscris !
Je suis Arabe
Sans nom de famille - je suis mon prénom
« Patient infiniment » dans un pays où tous
Vivent sur les braises de la Colère
Mes racines…
Avant la naissance du temps elles prirent pied
Avant l’effusion de la durée
Avant le cyprès et l’olivier
…avant l’éclosion de l’herbe
Mon père… est d’une famille de laboureurs
N’a rien avec messieurs les notables
Mon grand-père était paysan - être
Sans valeur - ni ascendance.
Ma maison, une hutte de gardien
En troncs et en roseaux
Voilà qui je suis - cela te plaît-il ?
Sans nom de famille, je ne suis que mon prénom.
Inscris !
Je suis Arabe
Mes cheveux… couleur du charbon
Mes yeux… couleur de café
Signes particuliers :
Sur la tête un kefiyyé avec son cordon bien serré
Et ma paume est dure comme une pierre
…elle écorche celui qui la serre
La nourriture que je préfère c’est
L’huile d’olive et le thym
Mon adresse :
Je suis d’un village isolé…
Où les rues n’ont plus de noms
Et tous les hommes… à la carrière comme au champ
Aiment bien le communisme
Inscris !
Je suis Arabe
Et te voilà furieux !
Inscris
Que je suis Arabe
Que tu as rafflé les vignes de mes pères
Et la terre que je cultivais
Moi et mes enfants ensemble
Tu nous as tout pris hormis
Pour la survie de mes petits-fils
Les rochers que voici
Mais votre gouvernement va les saisir aussi
…à ce que l’on dit !
DONC
Inscris !
En tête du premier feuillet
Que je n’ai pas de haine pour les hommes
Que je n’assaille personne mais que
Si j’ai faim
Je mange la chair de mon Usurpateur
Gare ! Gare ! Gare
À ma fureur !
Dans les années 1960, Darwish a rejoint le Parti Communiste d’Israël, la Rakah, mais il est plus connu pour son engagement au sein de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Élu membre du comité exécutif de l’OLP en 1987, il quitte l’organisation en 1993 pour protester contre les accords d’Oslo. Après plus de 30 ans de vie en exil, il peut rentrer sous conditions en Palestine, où il s’installe à Ramallah. il vient de mourir à l’âge de 67 ans.
Le texte ci-après fut prononcé à Ramallah lors de la cérémonie de dédicace du recueil Comme les fleurs d’amandiers ou plus loin.
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Je ne suis pas de ceux qui se regardent dans le miroir avec satisfaction. En ce qui me concerne, le miroir reflète un moi tombé dans le domaine public. Autrement dit, les autres ont maintenant le droit d’y rechercher le reflet de leur moi. Si quelqu’un trouve des expressions et des images qui lui ressemblent ou le concernent, il dira : c’est bien moi. S’il n’y trouve aucun point commun avec le texte/image, il s’en détournera en disant : cela n’a rien à voir avec moi !
Par ailleurs, j’appréhende ce débat qui porte sur la relation qu’entretiennent la production poétique moderne et la majorité des lecteurs, débat qui a cours depuis que de nombreux poètes prennent un malin plaisir à creuser le fossé qui sépare le poème et ce second auteur qu’est son récepteur, car sans ce dernier et sans le mouvement qui le porte vers le texte, il n’y a point de projet poétique. Les accusations fusent des deux côtés. Mais la crise de la poésie, si crise il y a, est celle des poètes. C’est à chaque poète de s’efforcer de la résoudre selon sa propre voie créative.
Je sais qu’on va m’accuser, encore une fois, d’être contre la modernité arabe que les névrosés définissent selon les deux critères suivants. Le premier, c’est le mouvement de repli du moi sur sa subjectivité qui ne laisse aucune possibilité à l’intime de s’ouvrir sur l’extérieur. Quant au deuxième, c’est le rejet du poème composé selon la métrique classique hors du "paradis de la modernité" car, à leurs yeux, point de modernité en dehors du poème en prose.
J’ai toujours dit que le poème en prose écrit par des poètes doués était l’une des plus importantes réalisations de la poésie arabe moderne et qu’il avait acquis sa légitimité esthétique de par son ouverture sur le monde et sur tous les genres littéraires. Mais il ne constitue ni l’unique choix poétiques, ni "la solution finale" à toute la problématique poétique, à laquelle on ne peut d’ailleurs apporter aucune réponse définitive. L’espace poétique reste ouvert à tous les choix, connus et inconnus ; que cherchons-nous, en tant que lecteurs, dans les diverses expérimentations poétiques, sinon à réaliser la poéticité dans le poème, qu’il s’agisse d’un poème composé selon la métrique classique ou d’un poème en prose ?
Je sais également que mon nouveau recueil de poèmes, de même que les précédents, fournira à mes nombreux ennemis encore plus d’armes pour commettre ces assassinats symboliques si répandus au sein de la culture de la haine. On dira – comme on l’a déjà fait et comme on le fera encore – que j’ai abandonné "la poésie de la résistance".
Je reconnaîtrai devant ces juges sévères que, si j’ai bien renoncé à écrire la poésie politique et limitée quant à ses significations, je n’ai pas pour autant renoncé à la résistance esthétique au sens large. Ce n’est pas que les conditions ne soient plus les mêmes ou que nous soyons passés de "la résistance au marchandage" comme le prétendent les docteurs ès poésie héroïque, mais c’est parce que le style poétiques doit sans cesse changer. Le poète doit constamment améliorer ses outils poétiques et élargir son horizons humain : il ne doit pas répéter mille fois le même discours, sous peine d’exposer la langue poétique au risque de l’épuisement, du vieillissement et de la standardisation, et de tomber dans le piège qui lui a été tendu, celui de la sclérose et du ressassement. Renonce-t-on pour autant à l’esprit de la résistance ?
En effet, l’esprit de résistance peut-il se limiter à des propos tels que "Inscrit ! Je suis arabe" ou à la répétition du slogan "je résisterai encore et encore" ?
Il n’est nullement nécessaire pour un résistant, tant du point de vue poétique que du point de vue pragmatique de dire qu’il aime. C’est Ghassan Kanafani qui nous a appelés "les poètes de la résistance", sans que nous sachions que nous l’étions.
Nous écrivions notre vie telle que nous la vivions et la voyions. Nous consignions par écrit nos rêves de liberté et notre obstination à vivre comme nous le souhaitions. Nous dédiions nos poèmes d’amour à la patrie et à des femmes bien réelles… car tout n’est pas symbole : un tronc d’arbre élancé ne renvoie pas nécessairement à la taille fine d’une femme et vice versa ! Il est vrai que le poète ne peut se libérer des conditions historiques qu’il vit, mais la poésie nous offre une marge de liberté, et une compensation métaphorique à notre impuissance à changer la réalité. Elle nous relie à une langue se situant au-dessus des conditions qui nous enchaînent et nous empêchent d’être en symbiose avec notre vécu humain. Elle peut également aider le sujet à se comprendre lui-même en se libérant de ce qui l’empêche de voler librement dans un espace sans limites.
Dire que le sujet a le droit d’être reconnu en tant que tel dans un groupe, c’est une façon comme une autre de vouloir la liberté des individus qui composent le groupe. De ce point de vue, dans le contexte d’une lutte de longue haleine, cette poésie qui exprime notre humanité et nos préoccupations individuelles – qui ne sont jamais seulement individuelles – est une poésie qui représente la dimension humaine subjective de l’acte de résistance poétique, même quand c’est une poésie qui parle de l’amour, de la nature, d’une rose que l’on contemple ou de la peur qu’inspire une mort ordinaire.
Il n’est pas vrai que le poète palestinien n’a le droit de s’asseoir sur une colline pour contempler le coucher du soleil ou de prêter l’oreille à l’appel du corps ou de la flûte lointaine, que si son âme est morte, si l’esprit du lieu est mort en lui et que le cordon ombilical entre lui et sa prime nature soit à jamais coupé.
Etre palestinien n’est ni un métier, ni un slogan. Un palestinien est d’abord un être humain qui aime la vie, tremble à la vue des fleurs d’amandier, a la chair de poule au contact de la première pluie de l’automne, fait l’amour pour assouvir un désir physique naturel et non pas pour répondre à un mot d’ordre, fait des enfants pour transmettre le nom et conserver l’espèce et la vie et non pas par amour de la mort, sauf s’il s’avère par la suite que la mort est préférable à la vie !
Cela revient à dire que la longue occupation n’a pas réussi à effacer notre nature humaine, ni à assécher notre langue et nos sentiments face aux barrières qu’elle dresse devant nous.
C’est un acte de résistance que de voir la poésie assimiler la force de la vie ordinaire qui est en nous. Pourquoi alors accusons-nous la poésie d’apostasie lorsqu’elle assume les beautés sensibles et la liberté d’imagination qui sont en nous et résiste à la laideur par la beauté ?
La beauté est en effet liberté et la liberté beauté. C’est ainsi que la poésie qui défend la vie devient une forme de résistance …
Devrais-je encore me demander si la patrie avait besoin d’arguments poétiques ou si la poésie avait besoin d’arguments patriotiques ? La relation de la poésie à la patrie ne se limite pas à noyer la poésie sous un déluge de slogans, de cartes géographiques et de drapeaux. Il s’agit là d’une relation organique qui n’a pas besoin de preuves quotidiennes, car elle est une disposition innée, une conscience et une volonté. Elle est à la fois un héritage et un choix, à la fois un donné et un objet de création. Mais la mauvaise poésie patriotique porte malheureusement préjudice à l’image de la patrie, alors que le combat pour la patrie et au sein de la patrie permet d’accéder à des niveaux de création qui nous échappent souvent.
C’est pourquoi il convient de développer nos manières d’exprimer les aspects humains dans notre vie publique et privée en faisant évoluer la dimension esthétique du poème et la littéralité des textes des textes, en maîtrisant ce métier difficile, en se référant aux critères artistiques généraux et non pas uniquement à la spécificité de la condition palestinienne. Ce sont là des taches à la fois poétiques et patriotiques ; ce sont elles qui préparent notre poésie à un dialogue créatif avec le monde afin que la reconnaissance de notre haut pouvoir de création artistique incite au bout du compte à s’intéresser à la patrie de cette création. Combien de pays avons-nous aimés, sans les avoir connus, parce que nous en avons aimé la littérature !
C’est ainsi que s’effacent les frontières entre l’appartenance nationale de la poésie et sa tendance constante à dépasser les barrières de la culture et de l’identité, pour survoler le vaste horizon humain, sans oublier bien sûr que la poésie a un rôle à jouer dans l’élaboration d’une identité culturelle d’un peuple qui combat pour son identité.
Certes, les poètes doivent se rappeler toutes les souffrances, être à l’écoute de la voix de l’absence, nommer toute chose et s’engager dans toutes les batailles, mais ils ne doivent pas oublier leur de voir envers leur métier. Ils ne doivent pas oublier que la poésie ne se définit pas fondamentalement par son dit, mais bien par la nature du dit, laquelle tranche avec l’ordinaire ; ils ne doivent pas oublier que la poésie est à la fois un plaisir, un art et une beauté ; qu’elle est une joie confuse d’avoir vaincu les difficultés et la perte, et qu’elle est un voyage sans fin vers la recherche de soi dans l’inconnu.
Quant à moi, je ne défends pas ici ce nouveau livre qui ne m’appartient plus. Je ne m’en rappelle rien depuis qu’il est sorti de moi et m’a mis devant l’impasse de cette question évidente : "et après ?". Mais je défends le droit des poètes à rechercher une nouvelle poésie, celle qui nettoierait la poésie de ce qui n’est pas elle. Car le malheur de l’innovation tâtonnante est préférable au bonheur de l’imitation sclérosé.
paru dans Al-Karmel (Ramallah), n° 85, 2005
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Commentaires
Par sa présence à Ramallah, représentant la France, un autre poète lui rend hommage.
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/israel-territoires-palestiniens_413/deces-mahmoud-darwich-13.08.08_65203.html
http://www.france24.com/fr/20080813-Obseques-MAhmoud-Darwich-poete-palestinien-Ramallah
Écrit par : ChristineH | 14.08.2008
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